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IA et développement web : en quête de sens ?

Il devient quoi, un développeur web, quand il n’a plus de valeur technique à l’ère de l’IA ?

6 min de lecture

Cet article a été écrit sans IA générative. Il sort de ma petite tête.

Historiquement, j’ai toujours aimé construire des choses : en bois quand j’étais petit, quand il a fallu rénover notre maison, des belles marques lorsque j’étais designer graphique…

J’ai parfois eu le sentiment de perdre ma valeur avec l’arrivée de l’IA : depuis que j’ai décidé de sauter le pas et que je suis devenu développeur, je bouffais du contenu autour du développement web matin, midi et soir dans l’objectif de devenir un meilleur développeur : orienté-objet, design patterns, clean architecture…

Mes bouquins préférés ont fait place à des ouvrages comme Clean Code, Clean Architecture, Design patterns en PHP, … Autant de livres que j’ai adoré lire. Parfois, il m’est même arrivé de sauter un match de Ligue des Champions pour regarder des vidéos de l’AFUP. La passion.

Puis, courant 2024, on me présente Copilot : fantastique, je peux écrire un commentaire dans mon code et ça me suggère une fonction, écrite selon mes standards ou presque, et ça a l’air de comprendre ma demande.

Puis je découvre Cursor : on ne code plus, on parle à un chat. Mais on garde l’éditeur ouvert pour parfois corriger nous-même. On commence à écrire d’énormes fichiers Markdown pour mettre tout notre savoir, que l’on mettait avant dans la documentation. On peut écrire des règles, dire à l’IA comment se comporter (ça n’avait pas encore réellement de nom).
Et les modèles deviennent de plus en plus puissants. On se rend compte que des développeurs pas forcément très à l’aise techniquement sont désormais capables de contourner certains problèmes pour arriver à leurs fins. Pire : certains développeurs que je pensais techniquement moins pointus, se mettent à résoudre des problèmes qu’ils n’étaient pas capables de résoudre avant.
De mon côté, ça a été un véritable coup de massue : j’ai entrepris de me reconvertir dans le développement web aux alentours de 2016, suite à quelques premiers sites réalisés sur WordPress pour des connaissances ou pour mon club de basket par exemple.
J’ai ensuite mangé du contenu à gogo : le Codex de WordPress, la formation de celui que je considère comme l’un des meilleurs formateurs francophones et qui est devenu un copain : Maxime alias Capitaine WP. Une notification Grafikart me faisait stopper net tout ce que je faisais pour regarder la vidéo.

Et puis l’IA arrive, et je me dis soudainement : j’ai regardé tout ça, pour rien. J’ai passé des heures à prendre des notes, à essayer de comprendre comment tel ou tel concept fonctionnait comme ça, pour rien.
Je n’ai plus aucune valeur, car ma valeur est technique. Je pensais que ma valeur, c’était de comprendre le problème du client et de le transcrire correctement en code, dans un code le plus élégant et maintenable possible. Que cela soit « regardable » par mes pairs, voir qu’on me dise « P****, c’est propre ce que t’as fait » (bon ça c’est souvent ce que j’espérais entendre de la bouche de Floflo). J’étais absolument incapable de produire un PoC pour juste valider le besoin ou vérifier que ça puisse marcher : je voulais faire de l’élégance.

Gros trou de motivation pendant quelques mois. À quoi bon continuer ? Tout ça pour ça ? Je ne prends plus de plaisir de janvier à mars 2025. Je me dis que l’IA m’a enlevé tout le plaisir que j’avais à construire des choses. J’en parle avec d’autres amis développeurs et je leur fais même part de mon envie de me reconvertir à nouveau.

Finalement, le déclic est venu lors du WordCamp Toulouse : je discute avec mon boss, et je parle d’une idée que j’ai depuis très longtemps, qui mêle nombreuses de mes passions : le sport, mais aussi le textile sportif et globalement tout ce qui peut tourner autour de la vie des associations, souvent remplies de bénévoles qui donnent de leur temps sans compter. Depuis que j’ai travaillé à L’Equip Sport & Entreprise, j’avais dans l’idée de réaliser une plateforme permettant de centraliser toutes les commandes. J’avais même réalisé un bout de PoC sous WooCommerce à l’époque. Sa réaction « Beh go ? ». Ah beh ouais, go !

Je ressors ce PoC, et me remets à griffonner quelques notes sur un carnet : une architecture, des idées, des « à ne pas oublier ». Je commence à faire quelques calculs totalement déconnectés de la réalité d’aujourd’hui, je passe quelques coups de fil : l’idée plaît, des gens sont partants et sont prêts à m’acheter la solution là, tout de suite maintenant.
Le frisson du projet reprend. Et puis des collègues arrivent : beaucoup d’enthousiasme autour de l’IA, de longues discussions avec des gens qui ont déjà entrepris de beaux projets. On se met à se faire des démos de ce qu’on fait en ce moment, de rules Cursor (ça parait déjà une éternité de dire ça). Ca me motive à bloc et je crois bien que j’ai éteint le PC aux alentours de 3H du matin, veille de conf’. Insouciante jeunesse.

La quête de sens est terminée : je sais pourquoi j’aime le développement, et je crois bien que cette période m’a fait le plus grand bien. Ce qui m’anime au fond, ça n’est pas une techno, j’ai d’ailleurs toujours dit et redit que si demain je devais changer de WordPress pour une autre technologie, ce serait avec plaisir (Symfony, si tu m’entends, t’es mon p’tit pref ❤️), ce qui m’anime, c’est le fait de pouvoir créer des projets, et de solutionner des problèmes.

Et petit à petit, même si le chemin m’a paru loooooong, je me rends compte que l’IA ne m’a pas enlevé ça. Mieux : elle a parfois réduit le temps entre la compréhension du problème et sa résolution. Sans enlever de qualité dans mon rendu, ou alors, gare à elle.

Ce projet, vous vous en doutez, c’est Reclub. Je vous en parlerai régulièrement, car je compte bien faire de ce blog un lieu de vie, un petit journal d’un mi-freelance, mi-salarié de BSA Web, un peu de build-in-public, quelques articles sur ce que j’aurai aimé faire / savoir aussi bien en tant qu’indépendant, qu’en tant que créateur d’un SaaS.

Depuis ces discussions de mai 2025, une chose est sûre : j’envisage désormais mon métier de développeur web différemment, mais je l’aime toujours autant.
Elle est peut-être là sans que je m’en rende vraiment compte, ma reconversion.

Un projet web en tête ?

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